Gilad HEKSELMAN

Cela fait maintenant plus de dix ans que le guitariste Gilad Hekselman est apparu sur la scène jazz internationale. Né et grandi en Israël, c’est à New York qu’il perfectionne son étude de la guitare et fait ses premiers pas discographiques dans le vivier de Smalls Records en 2006. Entre 2011 et 2015, il publie trois albums en France pour Le Chant du Monde et Jazz Village. Enregistrés avec le bassiste Joe Martin, le batteur Marcus Gilmore et le saxophoniste Mark Turner, les albums “Words Unspoken” (2009), “Hearts Wide Open” (2011), “This Just In (2013)” et “Homes” (2015) ont largement contribué à installer le guitariste d’abord comme un pilier de cette fameuse scène israélienne de la Big Apple, puis à l’évidence comme l’un des « guitar heroes » du jazz d’aujourd’hui.

Le nouvel album, “Ask for Chaos”, sonne comme un manifeste dans lequel Gilad Hekselman poursuit son approche hautement inventive du « power trio ». Et il le prouve en s’affichant à la tête de deux groupes différents qui se partagent ses compositions originales. Le premier avec ses deux nouveaux partenaires réguliers, le bassiste Rick Rosato et le batteur Jonathan Pinson ; le second avec le claviériste Aaron Parks et le batteur Kush Abadey qui composent son trio électrique ZuperOctave. Deux jeunes loups plein de fougue d’un côté, deux presque vétérans de l’autre qui s’inscrivent naturellement dans la mécanique esthétique de leur leader.

Tous les quatre ont déjà des parcours live et discographiques très riches, comme Gilad lui-même qui a joué avec toute une myriade d’artistes, de John Scofield à Esperanza Spalding. Si le premier trio est acoustique et si le second flirte intelligemment avec une électronique douce, claviers électriques de Parks et pads d’Abadey, l’album dans sa globalité est d’une logique limpide et sa construction le résultat d’une savante architecture où les deux répertoires s’entrecroisent.

Quant au jeu de Gilad Hekselman, il serait trop facile de dire qu’il correspond à l’âge de la maturité, et toutes les références ou comparaisons que l’on pourrait mentionner, l’abstraction de Bill Frisell, le côté atmosphérique de Pat Metheny, voire les réminiscences d’un Larry Coryell et même la science de l’enluminure des deux anglais Phil Miller et Chris Spedding – sont par essence restrictives. Nous sommes tout simplement face à l’un des musiciens les plus inventifs de son époque, impressionnant par ses talents de compositeur et la densité de son art

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